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Les tableaux d’Eliza Griffiths présentent des personnages fictifs dans des scènes psycho-sexuelles très impressionnantes qui explorent les dimensions de l’intimité, de la relation et de l’action. Les figures charismatiques qui peuplent ses toiles dégagent une sexualité liée de manière complexe au pouvoir, à la vulnérabilité et au désir. Les scènes évoquent fréquemment des identités aux prises avec la difficile négociation des circonstances uniques de leur vie et de leur amour. Pourtant, la théâtralité de ces scènes n’est pas engendrée par une narration explicite; plutôt, l’évocation dramatique est un effet narratif découlant d’éléments figuratifs riches mais à l’expressivité ambiguë. Les tableaux présentés dans l’exposition inaugure une nouvelle investigation de Griffiths centrée sur les transitions inégales entre l’affection et le dysfonctionnement, la tendresse et l’ineptie, dans les interactions hommes-femmes. Ces nouvelles oeuvres, produites durant la dernière année, conservent néanmoins des liens stylistiques et conceptuels aux séries antérieures de son corpus. Les tableaux de Griffith sont particulièrement remarquables pour leur extraordinaire maîtrise de la composition spatiale et des rapports fond/figure par lesquels elle crée une tension dynamique; les vives tonalités de textures et de couleurs dont les intensités portent des corollaires psychologiques; et le pouvoir narratif de ses scènes condensées d’êtres désirants. Qu’ils soient totalement inventés par l’artiste ou tirés de sources du marché de la consommation, comme les romans sentimentaux ou les annonces de films, les personnages qui habitent les toiles de Griffiths sont loin d’être prédéterminés. En travaillant les dynamiques relationnelles et les personnalités au sein des scènes qu’elle représente, Griffiths peut modifier à loisir le sexe de ses personnages ou altérer la mise en scène elle-même, jusqu’à la version finale. Les personnages, malgré leur fidélité psychologique, sont moins des acteurs que des traducteurs d’états psychiques que les tableaux mettent en évidence. Ce processus donne une représentation des relations entre les sexes qui font basculer les conventions narratives et accordent en plus un intérêt central et un réel pouvoir aux personnages féminins. Les surfaces travaillées et retravaillées, et tout particulièrement l’attention fine au rendu des visages, exploitent aussi le potentiel expressif de la peinture au profit de la profondeur multidimensionnelle – à la fois narrative et picturale – de ses compositions. Originaire de Londres en Angleterre, Eliza Griffiths a émigré au Canada durant son enfance dans les années 1970. Résidante d’Ottawa, elle a exposé dans tout le Canada, ainsi qu’aux États-Unis et en Angleterre. En 2002, Eliza Griffiths: 1995-2002 est accrochée au Hallwalls Contemporary Arts Center de Buffalo, N.Y., alors qu’une autre exposition solo, Psycho-dramas in Painting, était présentée à la Anna Leonowens Gallery du Nova Scotia College of Art and Design d’Halifax et à la Douglas Udell Gallery de Vancouver. Au début de 2003, elle a participé à l’exposition collective, Dress: Signal, à la Mississauga Art Gallery et, en 2002, à Posers à la Saint Mary’s University Art Gallerty d’Halifax, qui comprenait un catalogue. Son travail a fait l’objet de nombreux articles dans diverses revues canadiennes, dont l’article de fond « The Devil in Ms. Griffiths » dans le numéro de mars 2002 de Canadian Art.
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