Farouk Kaspaules. Désir d'être
Du 23 novembre 2007 au 3 février 2008
Organisée par Emily Falvey


Farouk Kaspaules, Congé d'école, 2007, techniques mixtes sur papier.

 


Farouk Kaspaules, Ziggourat (détail), 2006, techniques mixtes sur papier.

 


Farouk Kaspaules, Le retour (détail), 2007, technique mixtes sur papier.

 

 

 

Farouk Kaspaules débute sa pratique vers 1985 pour tenter de réconcilier sa vie au Canada et l'instabilité politique, environnementale et culturelle de son pays natal, l'Iraq. Dans ses expériences de techniques mixtes inspirées des concepts de déplacement et d'exil, il use d'un complexe vocabulaire d'images, de symboles et de formes esthétiques puisées dans l'Iraq ancienne et contemporaine, et dans ses antécédents culturels mixtes (chrétien, chaldéen et arabe). Appropriation, déconstruction et réinvention d'images et de symboles trouvés de l'histoire culturelle plurielle de l'Iraq lui permettent « d'établir un lien entre les événements quotidiens et les problèmes sociaux et géopolitiques plus vastes ». Il témoigne ainsi de sa conviction qu'art et politique sont des activités « inséparables de l'expérience vécue. »

La stratification abstraite et symbolique de Désir d'être est sertie d'allusions évidentes aux crises qui ont secoué l'Iraq : le bombardier STEALTH évoque la guerre du Golfe et l'occupation de la Coalition; les bateaux (appelés mashoofs) rappellent la persécution, le déplacement et le retour graduel des Arabes du Marais dans le sud de l'Iraq; les ziggourats et autres artéfacts renvoient au pillage et à la destruction en cours du riche patrimoine culturel régional. À bien des égards, l'exposition est une méditation sur la perte, personnelle et culturelle. Mais, comme collection de symboles historiques et d'images d'archives trouvés et retravaillés, elle est aussi une forme active de revendication. Kaspaules, que son passé et son art lient intimement à son pays natal, préserve ses souvenirs dans ses images, tout en reconnaissant leur nature douloureusement éphémère (car, d'un point de vue géopolitique, l'Iraq dont il se rappelle n'existe plus). Désir d'être évoque ainsi les nombreux paradoxes de l'exil. « J'ai la mémoire du lieu et je la conserver, car c'est la seule chose presque concrète que j'ai. »

– Emily Falvey, conservatrice de l'art contemporain

Activités

Vernissage
Le jeudi 22 novembre à 17 h 30

Rencontre avec l'artiste Farouk Kaspaules
Le vendredi 23 novembre à 12 h 30

Farouk Kaspaules tient à remercier la Ville d'Ottawa de son appui.