Vue éclatée
Du 25 février au 9 mai 2010
Organisée par Emily Falvey
Galeries d'art contemporain
JENNIFER R. ANGUS (MADISON, WI), WIM DELVOYE (GAND, BELGIQUE), AGANETHA DYCK (WINNIPEG), DIANA THORNEYCROFT (WINNIPEG), HOWIE TSUI (OTTAWA)
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Le concept du grotesque est bien difficile à cerner. Lié à l'abject et au sublime, il forme pourtant une catégorie esthétique tellement à part qu'il conteste même l'idée de catégorie. Parmi ses insaisissables tendances, il y a surtout sa contamination mythologique du réel qui engendre un entre-deux d'étranges hybrides, de métamorphoses, de modes de prolifération (baroque) et de compression (gothique), de renversements et d'inversions (carnaval, kitsch). Vue éclatée présente cinq artistes qui explorent cet esthétisme bizarre où se frottent l'organique et l'inorganique, la personne et la chose, le vivant et le non-vivant. L'idée de transgression est au coeur du travail de l'artiste d'Ottawa, Howie Tsui. Ses tableaux recherchés où il conjugue esthétique underground occidentale et styles et images traditionnels de l'Asie, il sonde des récits d'horreur en les liant à des enjeux identitaires, à l'assimilation culturelle et à la peur. Jennifer R. Angus utilise des structures narratives pareilles aux mythes ou aux contes pour explorer l'inconscient domestique. Avec leurs milliers d'insectes récoltés par des cueilleurs de l'Asie du Sud-Est, ses installations oscillent entre beauté et horreur, nature et artifice. Dans sa série Bouche de poupée, Diana Thorneycroft emploie la compression pour faire éclater un sujet apparemment inoffensif. Centrées sur les bouches intactes des poupons, ses images transforment des jouets innocents en topographies socioculturelles pleines d'affects qui brouillent avec provocation les différences entre jouet, produit, fétiche et tabou. Maître du paradoxe, l'artiste belge Wim Delvoye mine les distinctions entre l'art et la vie, en amalgamant les formes culturelles nobles et populaires, comme la viande transformée et les planchers de marbre baroques, la machinerie industrielle et les cathédrales. Dans Le bal masqué, Aganetha Dyck scrute les idées de nature, de civilisation, de délicatesse et de monstruosité. Dans ses sculptures faites d'ornements en porcelaine trouvés placés dans des ruches, elle pastiche la mode rococo du 18e siècle en la figeant dans la dentelle exquise, mais troublante, des abeilles. – Emily Falvey, commissaire de l'exposition
ActivitésVernissage
Rencontre avec l'artiste Jennifer R. Angus (en anglais)
Atelier pour la famille avec l'artiste Howie Tsui (en anglais)
Parcours de l'exposition avec la commissaire Emily Falvey (en anglais)
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